Par Evelyne Lahana
Photo : Depuis, Victor le labrador va mieux et a retrouvé du poil de la bête (Photo Nicolas Sabathier)
Le tribunal de grande instance a été plutôt clément hier en fin de soirée, après le délibéré, avec l'ancien maître de Victor le labrador. Il a finalement été condamné à 500 euros d'amende avec sursis et s'est vu infligé l'interdiction de détenir des animaux.
Jérôme S...., 29 ans, l’ancien propriétaire de Victor, le croisé labrador patou, affamé puis défenestré par son maître, au mois d’avril à Mauléon, a brillé par son absence, hier après-midi, devant le tribunal de grande instance.
Les trois parties civiles l’ont autant regretté que le ministère public. Une situation personnelle compliquée, la perte de son emploi, une situation financière précaire, un divorce ne justifient en aucun cas le sort qu’il a réservé à son animal, adopté alors que c’était un chiot.
"Victor lui a servi d'exutoire"
Il avait raconté à son frère chez qui il logeait que Victor s’était échappé. À un ami, il avait affirmé que, ne sachant plus quoi faire de son chien, il l’avait fait piquer. « Victor a vécu l’enfer, il a été traité comme un objet dont on se débarrasse quand il devient encombrant. Aujourd’hui au lieu de gémir, il jappe. Il a retrouvé la vie et l’amour » s’est enflammé Me Emmanuelle Leverbe avant de demander 500 euros de dommages et intérêts pour 30 millions d’amis et la SPA.
« Victor lui a servi d’exutoire à son mal être. Plutôt que d’aller voir un psychiatre, il a jeté son chien par la fenêtre » s’est insurgé Me François Tucoo Chala avant de réclamer 3 000 euros pour la SPA Béarn.
Me Béatrice Spiteri, pour la fondation Brigitte Bardot s’est élevée contre le comportement inhumain de cet homme « Il est important de défendre l’animal contre les hommes qui les maltraitent » a-t elle affirmé avant de demander 1 500 euros de dommages et intérêts.
Pour le vice-procureur, Valérie Grenier, Jérôme Salaberry aurait pu réagir différemment envers son animal « il aurait pu le confier à la SPA ou alors le nourrir avec les restes de viande fournis par des bouchers ou des charcutiers.
Le code pénal protège aussi les animaux domestiques. Les maîtres ne peuvent pas en disposer à leur guise » a-t-elle souligné avant de requérir 5 à 6 mois de prison avec sursis et l’interdiction de détenir un chien.
Au final, en début de soirée hier, le tribunal a rendu son jugement, finalement clément, et a condamné l'ancien maître de Victor à 500 euros d'amende avec sursis et s'est vu infliger l'interdiction de détenir des animaux.